LE TAMBOUR OBJET SACRÉ

Le tambour!!! Tout les praticiens chamaniques qu’il m’eut été donné de côtoyer l’utilisent et dans de nombreuses pratiques animistes ce dernier est là et tient, pour la plupart du temps, la même place! Outil utile et nécessaire pour ouvrir les portes de l’invisible et attirer à soi les guides qui nous sont chers. Outil pour le voyage dans l’inconscient mais pas que…

Une consœur issue de la culture Mongole précise avec beaucoup de pertinence que Le tambour a son envie pouvoir, a son énergie propre, voir parfois sa volonté propre (sic).

Dans le Vodùn, le vodou Haïtien et les nombreuses pratiques issues de l’Étoile Ginen, ce dernier fait partie intégrante des cérémonies religieuses, il est enraciné solidement dans nos Offices, tout comme le hochet. Il n’est donc pas pour nous Vodouisants un simple instrument de musique, il est un objet sacré et même la forme tangible d’un esprit, et comme pour tout esprits, les tambours ont besoin des hommes  pour renouveler leur énergie et leur force. Les sacrifices et offrandes faites aux tambours font partie des obligations rituelles des sosyete Vaudou afin de rendre respect à ces derniers.

« Le coucher Tambour » ou « Bay mangé tambou » représente la cérémonie principale d’hommage à cet outil. Les tambours sont placés sur des feuilles de bananiers, des vévés les représentants sont également tracés à proximité et comme pour les Lwas invoqués, ils reçoivent leurs offrandes et des libations d’eau effectuées avec le pot rafraichissoir.

Le tambour est un Esprit et comme pour tout Esprits, le vodouisant le sert avec conviction et force.

La fabrication même des tambours  s’accompagnent de rites et de précautions qui suggèrent la sainteté de l’objet et contribuent en même temps à l’investir d’un caractère mystique. Avant même l’abattage de l’arbre qui servira à concevoir le Tambour, le Houngan effectue une office d’adoration aux lwas qui, une fois l’instrument terminé, pourront répondre à sa voix.

Dans la cavité creusée on fait couler du clairin (eau-de-vie produite à partir de la canne à sucre); ensuite et avant même que ce dernier prenne place dans le houmfô pour être intégré au office, le tambour et valorisé et consacré par un baptême solennel. Cette pratique de consécration se retrouve dans de nombreux courants mystiques, tout ce qui prend part à une pratique spirituel doit être consacré afin de lui retirer son caractère profane.

Dans ce cadre de cette office de consécration les tambours sont vêtus d’apparats aux couleurs des Lwas et celui que l’on nomme « Père-Savane » leur attribut un nom.

07-tambours-du-culte-Rada

Chaque famille de Lwa possède son propre type de rythme que les musiciens doivent suivre afin d’amadouer l’esprit. 

Pour exemple, la nature des Tambours affectés au culte des Lwas Rada (Les lwas racines dont l’origine remonte au temps ancien de l’Afrique)  reproduisent le tambour Dahoméen, la caisse, taillée dans un tronc d’arbre et de forme troncônique; la membrane, en peau de bœuf ou de chèvre, est tendu au moyen de chevilles renforcées par des cordelettes. Ils sont souvent peints de couleurs vives de façon symboliques.

On ne joue jamais des tambours Rada isolément mais toujours par groupe de trois. Identique de forme, ils sont de tailles différentes, le plus grand, l’Adjountò ou manman, mesure plus d’un mètre, le second (Hountò ou ségond) occupe une place intermédiaire entre le précédent et le troisième, le Boula, dont la hauteur varie entre 40 et 50 centimètres.

Chaque Tambour sont battus avec un rythme différent et de façon différente, le manman est battu avec la main et un maillet en bois, pour le hountò on reste assis, le tambour placé entre les jambes avec la paume des mains (à la façon d’un djembé) ou avec la main gauche et une tige fourchu à la main droite; Le boula toujours en verticalité est battu avec deux baguettes.

Est utilisé également l’Ogan, cloche en métal que l’on fait résonner avec une tige de fer, L’ogan attaque le rythme, suivi par le boula, le ségond et la manman.

C’est à la voie du rythme qu’on attribue le pouvoir d’attirer les Lwas, et fait tomber en transe les Chwals.

Dans le culte pétro nous retrouvons deux tambours de tailles inférieures au Rite Rada. Il s’agit du Gros Baka ou Manman et ti-Baka.

nous les reconnaissons à la forme de leur attache en Y.

Dans le culte Congo nous trouvons trois tambours de taille différentes appelés, Manman, Timebal et ti-congo. Ces derniers ressemblent au percussions européennes tant par la forme que par leur conception.. Deux autres tambours sont utilisés en accompagnement des principaux, il s’agit des crié et des ralé. Un tambour apparait également dans les cérémonie ou Zaka est invoqué, il s’agit du Djouba ou martinique, ce dernier est utilisé lorsque Zaka réclame par la bouche d’un Chwal, qu’on exécute pour lui la danse de ce nom. le Djouba est un tonnelet à douves. Deux musiciens peuvent en jouer simultanément.

Pour le culte Ibo, les tambours sont en caisse cylindrique et doivent obligatoirement être constitués de peaux de mouton.

images (9)

Cependant aucun tambour n’égale en sainteté le Grand Assoto! Colossal et mesurant pas loin de deux mètre de hauteur, ce dernier est utilisé dans des circonstances solennelles.

Le sacrifice au tambour Assoto comporte une série de cérémonies exceptionnelles en l’honneur de plusieurs Lwas. L’Assoto est un idole voir un fétiche, il doit être taillé dans des bois prescrits par la tradition, bien souvent dans du mahaudème (Ochroma pyramalis Cav).

Il est prescrit de le couper à la pleine lune et la membrane qui le recouvre doit être placée à midi sonnant.

La cérémonie d’investiture ou l’âme est placée dans le tambour nécessite sept ou trois fois sept parrains et marraines. La cérémonie en elle est d’une complexité qui ne serait être expliqué ici, ce qu’il faut comprendre c’est qu’outre le fait d’être un outil servant à faire le lien entre la réalité dite ordinaire et le monde spirituelle, le tambour possède une âme et ce dernier est élevé au rang d’esprit dans le coeur et l’âme du vodouisant.

Voici un tour d’horizon des tambours utilisés dans le culte Haïtien, ces derniers revêtent une importance pour l’appel aux lwas et la mise en transe des officiants, pour les praticiens et acteurs des cultes amérindiens, sibériens, mongoles et autres, vous retrouverez des similitudes indiscutable entre le Vaudou et votre culture. Les chants, le tambours, le hochet, sont depuis la plus haute antiquité sont utilisés pour faire le lien entre la réalité ordinaire et les plans de conscience supérieures. Ils sont un outil de voyage, un outil de communication, pour certain un outil de divination.  D’ailleurs à chaque fois que des états par le passé on voulu sévir contre le paganisme, ils ont commencés par proscrire l’usage de cet instrument.

6 commentaires

  1. Savannah Savary, Ayiti. journaliste, écrivain, romancière, poétesse

    Je vous félicite pour la clarté, la pertinence et l’esprit de partage qui impègnent vos textes. Dans le domaine des choses spirituelles et mystiques, il est rare que ceux qui détiennent la connaissance acceptent de dire.
    Au nom de l’Amour divin et la religion universelle. Pour la Vérité. Ayibobo!
    Je vous invite à lire l’article paru au journal Le Nouvelliste: Monsieur Langlois, du vodou haïtien et du catholicisme importé, qui est le chat? qui est la souris? par Savannah Savary (5 parties) sur google ou le site du Nouvelliste.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s